jeudi 22 décembre 2011

PAROLES D'OUTRE-TOMBE (en hommage à Feu Sémou Pathé GUEYE)


Feu le Pr Sémou Pathé GUEYE[1] est né et a vécu utilement dans ce pays. Comptant parmi les plus grands philosophes du Sénégal et de l'Afrique, il a dédié sa vie, qui fut certes courte mais ô combien significative, à la lutte pour l'indépendance, la démocratie, la justice sociale, la paix, le développement et le progrès. Avec sa disparition, le Sénégal a perdu un savant et un démocrate ouvert et tolérant. Idéologue respecté, il avait osé coller l'épithète "civilisée" au substantif "politique" et, il y a bien longtemps déjà, il avait su convertir ses vieux camarades, opposants de longue date et adversaires (pas ennemis) irréductibles du régime socialiste, à accepter de prendre langue avec le pouvoir de Abdou DIOUF. La fameuse "politique de large rassemblement" qu'a inauguré avec un succès son parti (le PIT) à la fin des années 80, il en a été l'un des géniaux inspirateurs.

A deux mois d'élections lourdes de menaces pour les acquis démocratiques et la cohésion du Sénégal, et au moment où les premiers actes de provocation sont déjà posés, Ndiarka[2], depuis "Këru'g dëgg"[3], nous rappelle les bons principes du "commun vouloir de vie commune".

Le texte que je publie ci-dessous est extrait de "l'avant-propos" d'une de ses publications au titre on-ne-peut-plus évocateur : "Du bon usage de la démocratie en Afrique"[4]. Un essai que les politiciens de ce pays gagneraient à lire et relire. Je me propose d'en publier de larges extraits avant les échéances de 2012 afin, non seulement de vulgariser les généreuses idées de Sémou, mais aussi et surtout de poser ma modeste pierre dans ce contexte de recherche d'une confrontation apaisée entre un pouvoir qui tient à se maintenir coûte que coûte et une opposition convaincue qu'il est de son "devoir sacré" de débarrasser le Sénégal du régime actuel.

Bonne lecture et à bientôt…

kor marie
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Extrait n° 1

(…) <<Nous avons interrogé le bien-fondé et les limites du principe qui veut qu'en démocratie ne doivent et ne puissent gouverner que ceux qui ont "gagné" les élections parce qu'eux seuls peuvent prétendre légitimement être investis de la volonté populaire, principe qui, appliqué mécaniquement, ne laisse plus aux "perdants" d'autre option que celle d'une opposition tout aussi mécanique en attendant la vapeur se renverse à leur profit.

Un tel principe, surtout s'il est renforcé par celui selon lequel "qui gagne prend tout" dont le corollaire est "qui perd perd tout", ne peut à notre avis que conduire à une dramatisation exagérée des enjeux de la lutte pour le pouvoir, surtout dans nos pays où le rapport à celui-ci est, pour certains, une question de vie ou de mort sociale[5]. Il condamne de fait les protagonistes de cette lutte à ne pouvoir interagir autrement que sous le mode d'un affrontement "camp contre camp" dont le résultat final ne peut être que la neutralisation de l'un par l'autre. En réduisant ainsi à néant les chances d'un dialogue possible entre eux en vue de trouver les voies et moyens pouvant permettre à chacun, selon le poids qui lui est attribué par la volonté populaire, de s'impliquer de manière à la fois positive et active dans la gestion des affaires de la cité, un tel principe ne contribue pas seulement à réduire le débat politique en une permanente surenchère démagogique sacrifiant les exigences de vérité, de responsabilité et de réalisme à la seule et unique préoccupation d'un bon résultat électoral. Il transforme aussi, de fait, l'espace public en une jungle politique pure et simple, régie par la loi du plus fort, et, par les conflits internes que ceci ne peut qu'engendrer naturellement, gaspille de précieuses potentialités intellectuelles et matérielles qui auraient pu être investies de manière autrement utile dans et pour la réalisation du bien commun.

Il ne s'agit pas là d'un catastrophisme gratuit qui serait destiné seulement à justifier de douteuses et opportunistes combinaisons politiciennes sur le dos du peuple et contre sa volonté clairement exprimée pour les uns et contre les autres. Les conséquences hautement destructrices de l'application brutale et mécaniste de ce principe dans nos pays sont là, palpables et massives, pour plaider éloquemment en faveur d'une certaine modération dans l'affirmation de sa pertinence, en tout cas lorsqu'on l'examine non plus abstraitement, c'est-à-dire sous l'angle de la théorie générale de la démocratie, mais plutôt à la lumière de l'analyse concrète de la situation de notre continent à l'étape actuelle de son développement historique et en tenant compte des impératifs de prudence et d'ouverture que la configuration sociale et culturelle de nos sociétés nous semble dicter en matière de gestion de l'espace public. En effet, nombreuses sont les alternances qui y ont été rendues difficiles, soit parce que ceux qui détiennent le pouvoir ont tendance à s'y accrocher bec et ongle même après que le peuple leur eût clairement retiré sa confiance, soit parce que les "battus", même s'ils l'ont été de la manière la plus régulière, refusent de reconnaître leur défaite en sachant qu'avec elle, ils sont condamnés à tout perdre. De telles situations auraient certainement pu être évitées, nous semble-t-il, ou en tout cas leurs coûts politiques et surtout matériels et humains considérablement amoindris si, du fait de la dédramatisation au maximum des enjeux de la compétition politique, aucun des protagonistes en lice ne pouvait avoir de raison de les considérer comme une question de vie ou de mort>>.   


[1] Né en mars 1948 à Fatick (Sénégal), Sémou Pathé fait ses études primaires et secondaires à Kaolack (Sénégal), et ses études supérieures à Orléans, Tours et Paris (France). Il obtient son doctorat d'Etat es Lettres et Sciences humaines à Paris-Sorbonne. Professeur titulaire à l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar (Sénégal), il a été aussi Fulbright Visisting Senior Scholar à la Catholic University of America (Washington D.C.), chercheur visiteur à l'Institut de philosophie de l'Université J. W. Goethe de Francfort/Main (République Fédérale d'Allemagne) et professeur invité à l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville (République du Congo).
Intellectuel engagé dès le jeune âge, Feu le Pr Sémou Pathé GUEYE était aussi, entre autres, ancien Secrétaire Général de l'Association des Etudiants sénégalais en France (AESF), ancien dirigeant de la Fédération des étudiants d'Afrique Noire en France (FEANF), membre fondateur et ancien Secrétaire général adjoint du Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES), ancien membre du conseil de rédaction de la Nouvelle Revue Internationale, revue théorique et politique des partis communistes et ouvriers dont le siège était à Prague (ex-Tchécoslovaquie), ancien Secrétaire général de l'Union de la Jeunesse Démocratique Alboury NDIAYE (UJDAN), ancien Député à l'Assemblée Nationale du Sénégal et ancien Conseiller Régional, élu à ces deux niveaux en tant que membre de la direction du Parti de l'Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal).
[2] Surnom de Sémou Pathé GUEYE pendant les années de clandestinité du PAI Sénégal.
[3] Expression wolof signifiant "le monde de la vérité", c'est-à-dire "l'au-delà".
[4] Sémou Pathé GUEYE, NEAS, 2003.
[5] Souligné par nous.

jeudi 15 décembre 2011

DEUX MOIS D'ISOLEMENT !


Il y a quelques mois, le peuple sénégalais, dans une quasi unanimité, rouspétait contre les coupures fréquentes et intempestives d’électricité. Pendant cette période, notre pays était pratiquement isolé du monde du fait d’une connectivité extrêmement faible voire nulle.

Aujourd’hui que cette situation semble dépassée, c’est au tour de la SONATEL / Orange de jouer des tours aussi désagréables qu’imprévus au consommateur sénégalais. Ainsi, pour des raisons que personne n’a encore comprises, certains internautes, dont votre serviteur, sont privés d’Internet depuis plusieurs semaines voire des mois. Cette situation est d’autant plus insupportable que la SONATEL continue de faire payer à ses clients un service qui n’est plus effectué.

Dans une période où cette entreprise se voit obligée de lutter pour conserver ses performances et sa clientèle (cf. l’affaire des ‘’appels entrants’’), le moins que l’on puisse dire est que cela tombe très mal. Pire, le leader de la téléphonie et de l'Internet au Sénégal est en train, très simplement, de pousser ses clients vers les opérateurs concurrents.

Il est donc temps de se reprendre en se donnant les moyens d’assurer un service de qualité aux sénégalais désireux de communiquer avec le monde. La crédibilité de la SONATEL et le soutien du peuple sont à ce prix.
serigne malick
P.S. : désormais, j’utilise le canal d’un opérateur concurrent pour me connecter.

jeudi 15 septembre 2011

PANNE TECHNIQUE !!!

Cher(e)s ami(e)s,

Vous me voyez désolé de vous annoncer que, pour des raisons techniques, la publication de nouveaux billets sur ce blog va devoir cesser jusqu'à nouvel ordre. Je m'en excuse d'avance auprès de tou(te)s les lecteurs(trices).

Le site reste ouvert et vous pourrez toujours consulter les archives.

Merci de votre compréhension,

kor marie

mardi 6 septembre 2011


VOTRE AVIS COMPTE 

Sous cette manchette, j'offre un espace d'expression libre à des amis ou à de simples lecteurs qui souhaitent aller à contre-courant des thèses développées ici ou là. Les textes publiés dans cet espace ne subissent de notre part aucune correction. Je livre mon opinion à la suite de l'rticle cité.

<< La vie en Libye “sous Kadhafi” : ce qu'on ne vous dit pas… 

Comment se fait-il que la grande majorité du peuple libyen continue de soutenir Mouammar Kadhafi avec tant de ferveur, que ce dernier ne soit pas tombé et résiste toujours, 4 mois après le déclenchement d'un prétendu “soulèvement”, et 3 mois après le début des bombardements de l' OTAN ?… Pourquoi le nombre d'immigrés libyens en France et dans l'ensemble de l'Europe est-il infiniment plus faible que celui des immigré(e)s algérien(ne)s, tunisien(ne)s et marocain(ne)s ?…

La vérité, c'est tout simplement que la vie en Jamahiriya libyenne est bien loin d'être l'enfer que se plait à suggérer la propagande médiatique occidentale, et que la Libye de Kadhafi bénéficie non seulement d'un niveau de vie très supérieur à celui de ses voisins du Maghreb, mais aussi d'un système social très avancé, dont nous serions certainement mieux avisés de nous inspirer…

Dans les exemples concrets qui suivent, je n'emploierai les termes d' “Etat” et de “gouvernement” entre guillemets que par commodité, faute de mieux, puisque ceux-ci ne correspondent pas tout à fait à la nature exacte du système politique libyen, très original, unique au monde. Ce système organisationnel se nomme la Jamahiriya, terme sans véritable équivalent en français, et que l'on traduit généralement par “Etat des masses”, ou “République des masses”.

Voici donc une liste non exhaustive qui vous aidera peut-être à mieux comprendre pourquoi, tout compte fait, la majorité des Libyens et des Libyennes restent très attachés à leur Frère Guide, qu'ils et elles sont bien loin de considérer comme un ignoble tyran… “

EN JAMAHIRIYA LIBYENNE : 
  1. L'électricité à usage domestique est gratuite ; 
  2. L’eau à usage domestique est gratuite ; 
  3. Le prix d’un litre d’essence est de 0,08 EUROS ; 
  4. Le coût de la vie en Libye est beaucoup moins élevé que celui qui prévaut en France. Par exemple, le prix d'une demi baguette de pain en France est d'environ 0,40 Euros , tandis qu'en Libye il est de 0,11 Euros. Si on voulait acheter 40 demi baguettes de pain en France, cela reviendrait donc à 16 Euros, alors qu'en Libye on les paierait 4,40 Euros… 
  5. Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts ; 
  6. Les citoyens n'ont pas d'impôts à payer, et la TVA n'existe pas ; 
  7. L' “Etat” a investi beaucoup d’argent pour la création de divers emplois ; 
  8. La Libye ne doit de l’argent à personne et ne doit pas un centime à personne ; la France a 233 milliards de dettes en janvier 2011, soit 67% du PIB ; 
  9. Le prix pour l’achat d’une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault…) est au prix d'usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, Etats-Unis…). ; 
  10. Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, le “gouvernement” attribue une bourse de 1 627,11 Euros par mois ; 
  11. Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s’il ne trouve pas d’emploi ; 
  12. Lorsqu’un couple se marie, l' “Etat” paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés) ; 
  13. Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 EUROS par mois ; 
  14. Il existe des endroits nommés « Jamaiya », où on vend à moitié prix les produits d’alimentation pour toute famille nombreuse, sur présentation du livret de famille ; 
  15. Tout retraité perçoit une aide de 200 Euros par mois ; 
  16. Pour tout employé dans la fonction publique, en cas de mobilité nécessaire à travers la Libye, l’ “Etat” fournit une voiture et une maison gratuitement. Et quelque temps après, ces biens sont à lui ; 
  17. Dans le service public, même si la personne s’absente un ou deux jours, pas de déduction de ces jours sur son salaire, et pas de justificatif de maladie ; 
  18. Tout(e) citoyen(ne) libyen(ne) n’ayant pas de logement peut s'inscrire auprès d’un organisme d' “Etat”, et il lui en sera attribué un sans qu’il ou elle n’avance aucuns frais, et sans crédit. Le droit au logement est fondamental, en Libye. Et un logement doit appartenir à celui qui l'occupe ; 
  19. Tout citoyen libyen souhaitant faire des travaux dans sa maison peut s'inscrire auprès d’un organisme d' “Etat”, et ces travaux seront effectués gratuitement par des entreprises de travaux publics choisies par l' “Etat” ; 
  20. Le souci de l'égalité entre hommes et femmes prévaut, et les femmes ont accès à des fonctions importantes et à des postes de responsabilité ; 
  21. Chaque citoyen(ne) libyen(ne) peut s'investir activement dans la vie politique et dans la gestion des affaires publiques, aux niveaux local, régional et national, dans le cadre d'un système de démocratie directe (cela va des Congrès populaires de base, permanents, jusqu'au Congrès général du peuple, le grand congrès national qui se réunit une fois par an). 
A vous de décider donc, si les médias vous disent la vérité à propos du “régime de Kadhafi” (sic) ou si, au contraire, on vous dissimule volontairement bien des choses… >>  Mon opinion : 
Imam M. DIA
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Il est clair que tous ces avantages vont maintenant passer dans la poche des impérialistes français, anglais et peut-être américains. D'ores et déjà, les fauves se disputent l'immense butin en commençant, bien sûr, par la fameuse “reconstruction”. A ce propos, Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat français au  Commerce extérieur déclare sans ambages n'avoir “aucun complexe à envisager la participation à ce vaste chantier de l'équipe de France économique après la victoire de l'équipe de France politico-militaire”.
Le plus terrible c'est que c'est toute la France, gauche et droite confondue, qui s'exprime par la voix de cet homme politique.

Tout cela parce qu'on a privé les libyens de la liberté de choisir. Car c'est bien cela la morale de cette histoire : vous pouvez offrir tout le bonheur possible à un peuple ; si la liberté n'est pas comprise dans le paquet, il finira par tout rejeter. Les exemples ne manquent pas pour illustrer cette vérité à travers le monde. La plupart des régimes ayant fait faillite au cours du 20ème siècle, y compris les régimes socialistes, proposaient mieux aux populations que ce qu'elles connaissent aujourd'hui. Il y en a même qui, aujourd'hui, regrettent amèrement le (bonheur) passé.

Mais ainsi va la vie dans ce monde globalisé et où prime désormais la Loi du “Loup et de l'agneau”. 
serignemalick